(Et pourquoi on a choisi d’en faire aussi une liqueur, pas juste un mythe)
L’absinthe, c’est une légende en bouteille.
Une plante médicinale, une muse pour les poètes, un interdit historique, un symbole de liberté, une boisson de caractère… et une grande incomprise.
Certains y voient un élixir trouble, d’autres un parfum d’autrefois.
Nous, on y voit une force végétale, une beauté brute, et une page d’histoire à réécrire, version artisanale.
Mais alors, qu’est-ce que c’est, l’absinthe ? D’où ça vient ? Pourquoi en faire dans le Jura ? Et pourquoi la proposer aussi en liqueur douce, plus accessible mais tout aussi expressive ?
On vous raconte.
🌿 L’absinthe, c’est quoi exactement ?
À l’origine, l’absinthe, c’est une plante.
Amère. Puissante. Solaire.
On l’appelle parfois la grande absinthe, ou Artemisia absinthium, pour les intimes. Elle pousse un peu partout, surtout là où on la laisse tranquille. Chez nous, dans le Jura, elle pousse à Grozon, dans les Jardins du Bief Salé, en bio, à côté de la mélisse, du fenouil, du carvi et de l’angélique.
Distillée, elle devient un spiritueux anisé, végétal, complexe, qui a nourri des générations de buveurs et d’artistes : Verlaine, Rimbaud, Toulouse-Lautrec, Modigliani…
Mais pendant près d’un siècle, elle a été interdite, jugée trop envoûtante. Trop libre, sans doute.
Aujourd’hui, elle est de retour. Légale, maîtrisée, et artisanale.
🔥 Comment on fabrique une absinthe ?
On commence par réunir les plantes — fraîches, vivantes, entières.
Chez nous, on utilise :
- Absinthe
- Fenouil
- Anis vert
- Carvi
- Racines d’angélique
- Et un soupçon de fleurs d’échinacée, pour le mordant
On les fait macérer dans un alcool neutre bio. Puis on distille le tout dans un alambic en cuivre, avec soin, à feu doux.
Pas de sucre, pas de colorant. Juste des plantes, de la chaleur, et du temps.
Résultat ? Une absinthe blanche, limpide, fine et expressive.
Avec l’eau fraîche, elle se trouble lentement. Elle s’ouvre. Elle respire. Elle prend tout l’espace du verre, puis de la bouche.
Un vrai moment.
🍬 Et pourquoi une liqueur d’absinthe ?
Parce qu’on avait envie de raconter cette plante autrement.
Plus douce, plus ouverte.
Moins “rituel sacré”, plus “verre du dimanche midi, à l’ombre”.
Dans la liqueur d’absinthe, on reprend les mêmes plantes, mais on les infuse doucement, sans distillation.
On ajoute un peu de sucre — pas pour la masquer, mais pour l’enrober, la faire parler autrement.
C’est la même famille, mais une autre voix :
- Plus ronde, mais toujours anisée
- Plus accessible, mais toujours végétale
- Plus légère, mais sans rien perdre de sa personnalité
Et surtout : ça se boit frais, pur, ou dans un cocktail — avec une tonic herbacé, un splash de citron, ou même dans une limonade maison.
C’est l’absinthe décomplexée. Et on en avait besoin.
🌍 L’absinthe, une histoire bien ancrée… chez nous
L’absinthe est née ici.
Dans le Haut-Doubs, à quelques kilomètres de la distillerie.
Au XVIIIe siècle, elle soignait les fièvres. Au XIXe, elle remplissait les verres des bistrots de Pontarlier à Paris.
Puis elle a été bannie, diabolisée, remplacée par des anisés fades.
Mais elle est toujours restée dans le coin.
Dans les jardins, dans les souvenirs, dans les récits de vieux distillateurs.
Et aujourd’hui, on lui redonne la parole, avec le soin qu’elle mérite.
📍 Et l’absinthe dans le Jura, alors ?
C’est une évidence.
Le climat, les plantes, l’histoire, les paysages.
Tout ici parle d’infusion, d’amertume noble, de fraîcheur mentholée.
Nous, on ne fait que mettre tout ça en bouteille, avec nos mains et notre feu.