(Et pourquoi on en fait dans les montagnes jurassiennes, loin des zestes tropicaux)
Le gin, c’est un peu l’herbier des spiritueux.
Une base simple, et puis des plantes, des fleurs, des épices. Un monde d’arômes qui tient dans un verre.
Il peut être sec comme un coup de vent, ou doux comme une prairie au matin.
Il peut faire un Gin Tonic sans effort, ou s’inviter pur dans les grands verres à pied.
Et surtout : il peut être local, artisanal, bio et vivant, même sans citron ni mangue exotique.
Mais alors, qu’est-ce que c’est, du gin ? Et comment on en arrive à en faire dans le Jura, entre les épicéas et les clochers ?
On vous dit tout.
🌿 Le gin, c’est quoi exactement ?
Officiellement, c’est un alcool aromatisé au genièvre.
Mais en vrai, c’est beaucoup plus vaste que ça.
On commence par une base d’alcool neutre. Chez nous, il est bio, français, discret, pour laisser les plantes parler.
Ensuite, on y ajoute des botanicals. Un mot chic pour dire : des plantes aromatiques.
Dans notre Gin du Jura, on a choisi :
- Des baies de genièvre, évidemment
- De la fleur de sureau, légère et florale
- De la menthe poivrée, pour le côté vif
- De la mélisse, qui apporte cette belle note citronnée
- Et un peu de coriandre, pour lier l’ensemble
💡 Tous ces ingrédients viennent de chez nous, ou presque. Cueillis à la main, dans le respect des saisons, dans les Jardins du Bief Salé à Grozon, en agriculture bio.
🔥 Comment on fabrique un gin ?
Pas de fermentation ici : on part d’un alcool neutre qu’on aromatise.
Soit en faisant macérer les plantes directement dans l’alcool, soit en les suspendant dans un panier à vapeur pendant la distillation.
Nous, on fait les deux. Parce que certaines plantes aiment l’infusion, d’autres préfèrent le bain de vapeur.
Tout se passe ensuite dans un alambic en cuivre, doucement chauffé. On surveille, on goûte, on ajuste. Pas d’automatisme ici.
Juste l’expérience, le nez, le feu et le temps.
🎩 Résultat : un gin bio artisanal, clair, végétal, expressif.
Un gin qui ne crie pas, mais qui reste en bouche. Longtemps.
🌍 D’où vient le gin ? (Et pourquoi c’est un spiritueux voyageur)
Le gin n’est pas une invention récente. Ni une mode.
Il trouve ses racines au Moyen Âge, dans les décoctions médicinales à base de genièvre.
Puis les Hollandais le formalisent avec le “genever”, que les Anglais adoptent, adaptent et exportent.
Au XIXe siècle, il devient la boisson des marins, des colonies, des comptoirs lointains.
Le fameux Gin Tonic, par exemple, était à la base… un remède anti-paludisme. (Oui, vraiment.)
Aujourd’hui, le gin est devenu un champ d’expression immense :
- Londres le distille sec et sérieux
- L’Espagne le sert avec des baies roses et des rondelles de tout
- Et le Jura, lui, lui offre ses herbes fraîches et son silence minéral
🍸 On en fait quoi, du gin ?
Tout. Absolument tout.
- En cocktail, évidemment : Gin Tonic, Negroni, Martini Dry, Basil Smash…
- Pur, si c’est un bon gin (spoiler : le nôtre l’est)
- Infusé avec du thé, des fleurs, des fruits
- À l’apéritif, au coin du feu, ou sous un parasol de montagne
C’est un spiritueux qui s’adapte, mais qui garde toujours son âme.
📍 Et le gin dans le Jura, alors ?
On nous demande souvent si on ne manque pas de citron, d’orange amère, de racines d’Asie.
Et on répond toujours pareil : on ne manque de rien.
Parce qu’ici, on a :
- Des plantes de montagne pleines d’énergie
- Un climat vif, qui concentre les arômes
- Des sols vivants, riches, encore préservés
- Et un certain goût pour l’authentique, pour ce qui prend son temps
Notre gin ne copie pas Londres, ni Barcelone.
Il parle du Jura. De ses collines, de ses sous-bois, de ses herbes cueillies tôt le matin.